Les vertus pédagogiques d’un simulateur de vieillissement

Article paru dans La Montagne du 02 février 2012, Rubrique Formation
Journaliste : Michèle Gardette

Depuis bientôt deux ans, un centre de formation de Cournon d’Auvergne, propose une formation atypique : expérimenter le grand âge pour mieux le servir…grâce à un simulateur de vieillissement.Le poids des années…on ne croit pas si bien dire. Se mettre dans la peau d’un octogénaire une heure durant : une expérience pour le moins atypique. Accomplir les gestes du quotidien comme s’asseoir, se lever, boire un café, ouvrir son porte-monnaie…quand on a de l’arthrose ou quand on souffre d’une cataracte ou d’un glaucome ou simplement parce que les heures ont fait leur œuvre sur nos articulations : une gageure !

Une drôle d’expérimentation que permet de vivre un simulateur de vieillissement, grâce à de redoutables prothèses, accessoires et autres lunettes simulant ces différentes déficiences. Un un clin d’œil vous voici harnaché, alourdi, encombré…Quarante piges de plus d’un coup ! Un grand moment de solitude.

Le centre de formation AFDA (Action Formation Développement Avenir), basé à Cournon d’Auvergne, fut un des premiers en Auvergne, à proposer cette formation hétéroclite mais dont les vertus pédagogiques ne sont plus à prouver, selon Françoise Fernandez-Dubus, qui en est la gérante. Comment être avec l’autre ? Tel est l’enjeu de cette formation.

« Il s’agit de comprendre ce qu’est la dépendance par rapport à l’autre ; comment être dans cette relation d’aide, de respect, d’empathie ? » explique-t-elle. Et comment mieux l’appréhender qu’en l’expérimentant soi-même ? Pas facile cette sensation d’être à la merci de l’autre. Avoir toute sa tête mais le corps qui ne suit plus…

Bien aider

Au-delà des perceptions, la formation aborde l’échange, la communication verbale et non verbale. De quelle manière bien aider la personne à s’asseoir ; se sécuriser soi-même pour sécuriser la personne ? L’idée est d’adapter les soins au mieux ; se remettre en question…

« Les personnels sont extrêmement volontaires pour améliorer la prise en charge et constatent que parfois de tout petits changements dans les gestes au quotidien apportent un véritable bien-être. » souligne Françoise Dubus Fernandez. Une chose est sûre, on ne ressort pas totalement indemne de cette expérimentation. C’est aussi le sentiment de 140 personnels soignant et non soignant de maisons de retraite et de services à la personne qui ont déjà été formés dans notre région.

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